IF I WERE A RICH MAN
Par André MAMOU
Tribune Juive
Le monde ouvrier a connu le travail des enfants, les journées de 16 heures et cinq personnes habitant la même chambre. C'était au XIX siècle : «Les Misérables» et «L'Assommoir». La couverture sociale de la maladie et des accidents, les indemnités en cas de chômage et les pensions versées aux retraités, c'est mis en place et cela représente l'essentiel de «égalité, fraternité». Qui voudrait revenir en arrière?
Bien sûr, personne ne l'envisage mais, si le remboursement des médicaments subit un coup de rabot et si on est prié de souscrire un contrat tous les ans plus onéreux auprès d'une mutuelle, si on ferme des hôpitaux peu «rentables », si on organise la pénurie des médecins et des spécialistes et si on oblige les patients à contribuer de leurs propres deniers à une partie du coût des soins que leur état réclame, cela veut il dire qu'on essaye d'abandonner la gratuité des soins pour tous? La réponse est : non.
Le déficit de la sécurité sociale doit être contenu et maitrisé sinon c'est tout le système qui sera emporté: il faut laisser les techniciens et les spécialistes de la santé et du budget trouver les formules et les niveaux d'équilibre pour assurer la pérennité de la «Sécu» à la française. Et il ne devrait pas avoir de surenchère entre les partis et leur candidat car la démagogie doit céder le pas devant le bien public. Du moins on l'espère.
UNE SECONDE CHANCE
Les allocations servies à ceux qui sont au chômage posent, elles, plus de problèmes. D'une part, on doit avancer sur la pointe des pieds car ceux qui ont été laissés sur le bord de la route, ce sont nos concitoyens, nos fils, nos frères, notre famille et les stigmatiser ou les humilier, serait tout à fait indigne.
La couverture du chômage crée également des chômeurs en décourageant ceux qui travaillent pour des petits salaires, en suscitant des vocations d'assistés et de débrouillards. On ne va pas s'attarder sur ce point, on va simplement dire que c'est en France qu'on est le mieux si on est demandeur d'emploi. Cela a un coût financier considérable et aujourd'hui, il faudra regarder de plus près. Et avoir le courage de Blair, l'audace de Schroeder ou «l'inconscience» de Netanyahou pour réformer la couverture du chômage afin qu'elle soit bien une seconde chance et non pas un mode de vie. Le Royaume Uni, l'Allemagne ou Israël, qui ont eu le courage de réduire le montant des allocations, leur durée, de durcir les conditions de leur attribution, caracolent et regardent la France, notre pays, avec beaucoup de commisération: nous sommes devenus pour eux un pays Club Med: «On dirait le Sud.. »
Quant aux retraites, dans les années 1980 Michel Rocard avait déjà tiré la sonnette d'alarme. Ensuite le gouvernement Balladur a eu le courage d'entamer la réforme et Nicolas Sarkozy l'opiniâtreté de la conduire bien qu'elle fût la plus impopulaire et la plus nécessaire.
LES BARBIERS FARCEURS
C'est vrai : il y a quinze millions de retraités MAIS dix pour cent des pensions de retraites versées proviennent d'emprunts à rembourser par les générations à venir et le service de la dette engloutit des parties non négligeables des recettes fiscales. La retraite à 60 ans a été un bon slogan de campagne et a permis aux socialistes de s'emparer du pouvoir. Sa valeur économique est égale au slogan des barbiers farceurs, «Demain on rase gratis» sauf qu'on a rasé gratuit aujourd'hui mais qu'on paiera demain et qu'en attendant on paye les intérêts. Une question posée parfois et souvent non posée revient : Mais pourquoi Nicolas Sarkozy nouveau Président n'a-t-il pas eu le courage de mettre à bas la supercherie? Peu de réponses satisfaisantes selon les analystes et les commentateurs: une erreur, un manque de courage ou la recherche d'une solution indolore (on maintient le butoir des 60 ans mais on vide le contenu).
Aujourd'hui le programme du Parti socialiste prévoit le retour à la retraite à 60 ans, ce qui est le record mondial (après les Grecs !) mais à condition que l'on ait commencé à travailler très jeune et sans interruption (en raison de périodes de chômage) : donc on persiste et on signe et on continue à faire du travail une non valeur.
BELLE ET MAGNIFIQUE PROIE
Et il y a le problème de la dette souveraine et l'on sent que les financiers, les spéculateurs piétinent dans leurs starting blocks en attendant de se ruer sur la France, belle et magnifique proie à dégrader. Le triple A est maintenu mais les taux commencent à monter et le «spread», l'écart entre les obligations françaises et allemandes tend à s'élargir. Le service de la dette engloutissant la totalité de l'impôt sur le revenu, un point de taux supplémentaire exigerait une hausse de celui ci symétrique.
Sur le pont, la capitaine veille au grain, dirige la manœuvre pour que le navire entre au port sans dommages et ce n'est pas un pédalo mais la mer est forte «sous l'âpre rafale ». C'est dans ces conditions que Jérôme Cahuzac, qui dirige la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale et qui est un élu socialiste proche de François Hollande, a conseillé de n'engager les chargés d'enseignement promis (60.000 !) que par tranche de 12.000 tous les ans et que Michel Sapin a suggéré que les 300.000 emplois aidés ne soient mis en chantier qu'à la fin du quinquennat de François Hollande si les urnes le désignent.
Le programme économique du Parti Socialiste approuvé par tous les candidats des primaires n'a donc pas de caractère contraignant et il ne serait plus qu'un catalogue des mesures que l'on prendrait si on arrivait à en avoir les moyens. Et les électeurs devraient apporter leur bulletin à un candidat sans expérience pour qu'il applique un programme irréalisable à l'heure actuelle: «je veux vous faire rêver », c'est lui qui l'a dit.
On peut penser à «Un violon sur un toit » dont le refrain dit : If I were a rich man..po po poi po poi..!

1 commentaire:
Je propose que soient étudiés d'urgence par les ervices compétents de nos ministères toutes les possiblités d'accélérer les "dénationalisations" avec chiffrage de l'incidence sur la dette et sur les intérêts versés au titre de celle-ci.
C'est peu-être une bone faço de réduire le déficit et la dette de notre pays et des collectivités et entreprises publiques, indépendamment des augmentations d'impôts, de réduction des dépenses etc...
D UZZAN
D UZZAN
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